PARTIE 1

PARTIE 1

Emiliano Arriaga est rentré chez lui à Las Lomas mercredi à 17 heures, sans préavis.

Ce n'était pas normal.

Il leur donnait tous les détails. Ses vols, ses réunions, ses dîners, jusqu'à l'heure précise à laquelle ils voulaient leur café. Il possédait une chaîne d'hôpitaux privés à Mexico et vivait comme si le monde était un agenda Google : tout était organisé, tout était contrôlé, rien n'était laissé au hasard.

Mais ce jour-là, une réunion à Monterrey fut annulée à la dernière minute, et Emiliano décida de rentrer plus tôt.

Il entra dans la demeure, sa veste italienne sur le bras et son téléphone portable collé à l'oreille. Il donnait des instructions concernant un contrat d'un million de dollars lorsqu'un détail l'interrompit.

La maison avait une odeur différente.

Ça ne sentait pas le parfum cher que le gérant avait commandé. Ça sentait la camomille, le pain sucré tout juste sorti du four et les fleurs du marché.

Quelque chose de simple.

Quelque chose de vivant.

Emiliano raccrocha sans dire au revoir et se rendit dans la chambre de sa mère.